La cotation dans la NGAP infirmier actes cotation est la partie la moins visible de votre métier, et pourtant elle conditionne directement votre chiffre d’affaires et votre sécurité en cas de contrôle. Entre les lettres-clés, les coefficients, les forfaits liés au bilan de soins infirmiers et les règles de cumul, la nomenclature officielle reste une source d’erreurs fréquentes chez les infirmiers libéraux.
Ce guide reprend les bases de la NGAP infirmier actes cotation, les valeurs utiles en 2026, les majorations applicables et les réflexes concrets à adopter avant chaque facturation. Objectif : coter juste, sans sous-facturer vos soins ni vous exposer à des indus CPAM.
NGAP infirmier actes cotation, le guide complet 2026
⏱ Temps de lecture : ~9 min
- NGAP infirmier actes cotation : les bases réglementaires
- Les lettres-clés à connaître en 2026
- Calculer le tarif d’un acte infirmier, pas à pas
- BSI, AMX et forfaits : la logique des patients dépendants
- Règles de cumul : ce que dit l’article 11 B
- Majorations et déplacements : MCI, MAU, IFD
- Les erreurs de cotation les plus fréquentes chez les IDEL
- Pourquoi se former à la NGAP en tant qu’infirmier libéral
- Questions fréquentes sur la NGAP infirmier
- Aller plus loin avec la NGAP infirmier
- Pour résumer
NGAP infirmier actes cotation : les bases réglementaires
Comprendre la NGAP infirmière
La NGAP, Nomenclature Générale des Actes Professionnels, est le référentiel officiel de l’Assurance Maladie. Elle regroupe les dispositions générales applicables à tous les professionnels de santé conventionnés et la liste des actes pris en charge, dont l’annexe consacrée aux infirmiers.
Pour chaque acte, elle définit quatre éléments indissociables : un libellé précis, une lettre-clé, un coefficient et des conditions de réalisation. Coter, ce n’est donc pas choisir un tarif, c’est identifier le libellé exact qui correspond au soin réalisé, puis en tirer mécaniquement la valorisation.
Il ne faut pas confondre la NGAP avec la LPP, la Liste des Produits et Prestations, qui concerne les dispositifs médicaux et les fournitures remboursables, comme certains pansements ou matériels de perfusion. La NGAP valorise votre acte, la LPP valorise le produit utilisé. De la même manière, le bilan de soins infirmiers n’est pas une nomenclature parallèle : c’est un dispositif intégré à la NGAP, avec ses propres lettres-clés et ses propres règles.
La version officielle de la nomenclature est consultable et téléchargeable en PDF sur l’espace professionnel d’Ameli, rubrique infirmier, facturation et rémunération. Le SNIIL, Syndicat National des Infirmières et Infirmiers Libéraux, publie également une version consolidée et actualisée de la NGAP infirmière en PDF, appréciée pour sa lisibilité au quotidien. Dans les deux cas, le réflexe reste le même : vérifier la date de mise à jour du document avant de s’y fier, car les avenants conventionnels modifient régulièrement les libellés et les valeurs.
Les lettres-clés à connaître en 2026
Les principales lettres-clés infirmières
La lettre-clé identifie la famille d’actes, le coefficient en mesure la complexité ou la durée. Les actes médico-infirmiers, ou AMI, couvrent les actes techniques : injections intraveineuse, intramusculaire ou sous-cutanée, prélèvement veineux, perfusions, pansements, vaccinations. Les AMX désignent ces mêmes actes techniques lorsqu’ils sont réalisés chez un patient dépendant bénéficiant d’un forfait BSI.

Les AIS correspondent aux actes infirmiers de soins, dans la logique antérieure de prise en charge de la dépendance. La lettre DI valorise la démarche de soins infirmiers, tandis que les forfaits BSA, BSB et BSC rémunèrent le suivi quotidien des patients dépendants selon leur niveau de charge en soins.
Voici les valeurs de référence en métropole, à vérifier systématiquement sur la nomenclature officielle avant facturation.
| Lettre-clé | Type d’actes concernés | Valeur 2026 (métropole) |
|---|---|---|
| AMI | Actes médico-infirmiers techniques | 3,15 € puis 3,35 € à compter du 7 novembre 2026 |
| AMX | Actes techniques chez un patient sous forfait BSI | 3,15 €, évolution alignée sur l’AMI |
| DI | Démarche de soins infirmiers | 10,00 € |
| BSA | Forfait journalier, dépendance légère | 13,00 € |
| BSB | Forfait journalier, dépendance intermédiaire | 18,20 € |
| BSC | Forfait journalier, dépendance lourde | 28,70 € |
À retenir
La valeur de la lettre-clé peut varier selon la zone géographique d’exercice, notamment outre-mer. Vérifiez toujours la grille applicable à votre département avant de modifier vos habitudes de facturation.
Calculer le tarif d’un acte infirmier, pas à pas
Formule de calcul d’un acte infirmier
Le calcul du tarif d’un acte infirmier repose sur une formule simple : valeur de la lettre-clé multipliée par le coefficient de l’acte. Un acte coté AMI 2 avec une lettre-clé à 3,15 € est ainsi facturé 6,30 €. Une démarche de soins infirmiers cotée DI 2,5 correspond à 10,00 € multipliés par 2,5. À ce montant s’ajoutent, le cas échéant, les majorations et l’indemnité forfaitaire de déplacement.
Encore faut-il partir du bon libellé. Quelques cotations parmi les plus courantes en pratique de ville illustrent la logique : le prélèvement par ponction veineuse directe est coté AMI 1,5, l’injection intraveineuse directe isolée AMI 2, l’injection intramusculaire ou sous-cutanée AMI 1. La vaccination est cotée AMI 2,4 lorsque le vaccin a été prescrit par un autre professionnel de santé ou ne nécessite pas de prescription, comme pour la grippe saisonnière, et AMI 3,05 lorsque l’infirmier prescrit lui-même le vaccin avant de l’administrer, dans le cadre de l’article R.4311-5-1 du Code de la santé publique. Le pansement de plaie non chirurgicale ou de plaie chirurgicale simple relève quant à lui d’une cotation AMI 2,02, issue des évolutions de nomenclature de 2026.
Méthode en cinq étapes pour sécuriser la facturation
La méthode qui sécurise le plus votre facturation tient en cinq temps :
- Identifier le libellé exact de l’acte dans l’annexe infirmier.
- Vérifier les conditions de réalisation, notamment l’existence d’une prescription médicale valide.
- Appliquer le coefficient prévu.
- Contrôler les règles de cumul si plusieurs actes ont été réalisés dans la même séance.
- Ajouter les majorations et déplacements autorisés.
BSI, AMX et forfaits : la logique des patients dépendants
Forfaits BSI pour patients dépendants
Pour les patients dépendants, la facturation ne repose plus sur l’addition d’actes de nursing mais sur un forfait journalier. Le bilan de soins infirmiers évalue la situation du patient, sa dépendance et ses besoins, et détermine le forfait applicable : BSA pour une charge de soins légère, BSB pour une charge intermédiaire, BSC pour une charge lourde. Ce forfait couvre l’ensemble des soins liés à la dépendance sur la journée, quel que soit le nombre de passages.
Les actes techniques réalisés chez ces patients ne disparaissent pas pour autant : ils sont cotés en AMX et suivent des règles de cumul spécifiques avec le forfait. C’est précisément là que se concentrent beaucoup d’erreurs, parce que la frontière entre ce qui est inclus dans le forfait et ce qui reste facturable en sus n’est pas toujours intuitive. Un bilan mal renseigné ou une réévaluation oubliée peuvent aboutir à un forfait sous-évalué pendant des mois, avec un manque à gagner significatif sur une patientèle chronique.
Notre formation dédiée au BSI détaille cette évaluation des besoins et la construction du plan de soins.
Règles de cumul : ce que dit l’article 11 B
Les dispositions générales de la nomenclature encadrent strictement le cumul d’actes réalisés au cours d’une même séance. Selon l’article 11 B des dispositions générales de la NGAP, lorsque plusieurs actes sont effectués, l’acte dont le coefficient est le plus élevé est coté à 100 %, le deuxième à 50 %, et les actes suivants ne donnent lieu à aucun honoraire. Cette règle générale connaît des exceptions explicitement prévues par la nomenclature : certains actes, comme le prélèvement par ponction veineuse directe, peuvent être cumulés à taux plein avec un autre acte.
La conséquence pratique est double. D’un côté, ajouter mécaniquement tous les actes d’une séance expose à un indu. De l’autre, appliquer par prudence une réduction là où la nomenclature autorise le taux plein revient à travailler à perte. Beaucoup d’infirmiers libéraux perdent ainsi du revenu par excès de prudence, sans jamais s’en apercevoir.
Majorations et déplacements : MCI, MAU, IFD
Plusieurs majorations complètent la cotation de base. La majoration de coordination infirmière, la MCI, valorise le temps de coordination dans certaines situations complexes, notamment en soins palliatifs et pour les plaies chroniques, pour une valeur de 5 €. La majoration acte unique, la MAU, s’applique lorsqu’un seul acte de coefficient réduit est réalisé au cours du déplacement, pour 1,35 €. L’indemnité forfaitaire de déplacement, l’IFD, est facturable par déplacement à hauteur de 2,75 €, et s’ajoute aux indemnités kilométriques lorsque les conditions sont réunies.

Ces montants paraissent modestes pris isolément. Rapportés à une tournée quotidienne et à une année d’exercice, ils représentent une part non négligeable de vos honoraires. L’oubli systématique d’une MAU ou d’une MCI est l’une des pertes les plus silencieuses du libéral.
Les erreurs de cotation les plus fréquentes chez les IDEL
Les analyses des guides spécialisés et les retours de terrain convergent sur un noyau d’erreurs récurrentes, souvent involontaires, qui alimentent les contrôles CPAM et les demandes de remboursement.
- Utiliser une lettre-clé inadaptée, par exemple facturer en AMI un acte technique réalisé chez un patient sous forfait BSI, qui relève de l’AMX.
- Appliquer un cumul non conforme à l’article 11 B, ou à l’inverse réduire un acte cumulable à taux plein.
- Omettre les majorations et l’indemnité forfaitaire de déplacement auxquelles la situation ouvre droit.
- Facturer sans prescription médicale valide, ou avec une prescription expirée, incomplète ou imprécise.
- Ne pas réévaluer un bilan de soins infirmiers alors que l’état du patient a évolué, et rester sur un forfait inadapté.
- Travailler avec une version périmée de la nomenclature, après un avenant modifiant les libellés ou les valeurs.
Important
En cas de contrôle, la CPAM s’appuie sur vos feuilles de soins, vos prescriptions et vos transmissions. Une cotation juste mais non traçable est aussi fragile qu’une cotation erronée.
Pourquoi se former à la NGAP en tant qu’infirmier libéral
Se former à la nomenclature générale des actes professionnels infirmier répond à deux enjeux complémentaires. Le premier est financier : une cotation maîtrisée sécurise vos honoraires, évite les sous-facturations chroniques et limite le risque d’indus parfois réclamés sur plusieurs années d’activité. Le second est juridique et professionnel : en cas de contrôle, la capacité à justifier chaque cotation par un libellé, une prescription et une traçabilité de soins fait toute la différence.
Chez Kampus, nous accompagnons les infirmiers libéraux sur ce terrain avec une formation NGAP conçue pour la pratique de ville, accessible via le FIF-PL, le Fonds Interprofessionnel de Formation des Professionnels Libéraux. Pour les actions relevant du développement professionnel continu, l’habilitation ANDPC et la certification Qualiopi garantissent le cadre réglementaire et la prise en charge, avec jusqu’à 532 € par an d’indemnisation DPC pour les IDEL.
Notre formation NGAP se déroule en classe virtuelle sur 2 jours (12 h), en groupes de 20 participants maximum, pour éviter la fermeture du cabinet et la perte de tournée. Nos équipes vous accompagnent dans vos démarches administratives, du dossier FIF-PL pour la NGAP à l’inscription sur mondpc.fr pour les formations DPC. Pour comprendre l’ensemble des dispositifs de financement, consultez notre page dédiée au financement du DPC.
FAQ – Questions fréquentes sur la NGAP infirmier
Un infirmier remplaçant applique-t-il les mêmes règles de cotation ?
Oui. Le remplaçant facture les actes sous le numéro du titulaire selon les modalités prévues par le contrat de remplacement, mais il applique strictement les mêmes libellés, coefficients et règles de cumul que ceux de la nomenclature officielle. Une erreur commise pendant un remplacement engage la facturation du cabinet.

Que faire si la CPAM notifie un indu ?
Commencez par reconstituer le dossier des actes concernés : prescriptions, feuilles de soins, transmissions ciblées et bilans. Si la cotation est justifiée par la nomenclature, une contestation argumentée auprès de votre caisse est possible. Un échange avec votre syndicat professionnel aide souvent à cadrer la réponse.
Faut-il une prescription médicale pour tous les actes infirmiers ?
La majorité des actes de la nomenclature suppose une prescription médicale conforme, mais certains relèvent des compétences propres de l’infirmier diplômé d’État libéral, comme la vaccination dans le cadre prévu par la réglementation, avec une cotation spécifique. La nomenclature précise les conditions de réalisation acte par acte.
À quelle fréquence la nomenclature est-elle mise à jour ?
Elle évolue au rythme des avenants conventionnels signés entre les représentants de la profession et l’Assurance Maladie, plusieurs fois par an dans certaines périodes. L’année 2026 comporte par exemple une évolution de la valeur de l’AMI au 7 novembre. Il est donc prudent de vérifier la date de la version que vous utilisez.
Un logiciel de facturation suffit-il à sécuriser mes cotations ?
Il aide à éviter les erreurs de saisie et alerte parfois sur des cumuls non conformes, mais il ne choisit pas à votre place le libellé correspondant au soin réellement réalisé. La responsabilité de la cotation reste celle du professionnel qui facture.
Aller plus loin avec la NGAP infirmier
Maîtriser la NGAP, ce n’est pas apprendre par cœur un catalogue de coefficients, c’est adopter une méthode : partir du libellé exact, vérifier les conditions de réalisation, appliquer les règles de cumul, ajouter les majorations dues et documenter chaque acte. Cette rigueur protège votre revenu autant que votre exercice. Avec une nomenclature qui évolue au fil des avenants conventionnels, la mise à jour régulière de vos connaissances devient une composante à part entière de votre gestion de cabinet, au même titre que la comptabilité ou la planification des tournées.
Pour aller plus loin, plusieurs formations complètent utilement ce guide : la formation NGAP pour infirmiers libéraux, maîtriser la cotation des soins infirmiers, la formation BSI, évaluation des besoins et plan de soins infirmiers, la formation sur la prise en charge des plaies chroniques, ainsi que la formation sur le bon usage du médicament.
Pour résumer
La maîtrise de la NGAP infirmier actes cotation repose sur quelques réflexes clés : partir systématiquement du bon libellé, appliquer le coefficient correspondant, connaître les règles de cumul et ne pas oublier les majorations et indemnités de déplacement autorisées. En gardant une nomenclature à jour, en documentant précisément vos soins et en vous formant régulièrement, vous sécurisez à la fois vos revenus et votre exercice en cas de contrôle.
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